Mémoires cinématographiques de la Seconde Guerre mondiale (T ES/L – H2)

Introduction : le discours du Vel d’Hiv de Jacques Chirac, 1995

À travers le cinéma

Vous trouverez ensuite ci-dessous une petite sélection de films prenant la guerre comme théâtre, et relevant de projets mémoriels différents en fonction des époques et des groupes concernés.

1946 – La Bataille du rail de René Clément

Ce film tourné très peu de temps après la fin de la guerre veut rendre hommage aux cheminots résistants. Il prend la forme d’un récit documentaire réaliste. Il participe alors à la construction d’une héroïsation de la nation face à l’ennemi.

1955 – Nuit et brouillard d’Alain Resnais

Il s’agit d’un documentaire commandé par le Comité d’histoire de la Seconde Guerre mondiale. 10 ans après le conflit, c’est un premier travail publique sur la déportation. Toutefois, la « shoah » n’est pas distinguée, et le récit distingue mal les différents types de camps.

1966 – La grande vadrouille de Gérard Oury

Une des plus grandes comédie du cinéma français, avec le duo Bourvil – de Funes. Ce film s’inscrit dans la tradition de l’héroisation, et de l’union entre classes sociales face à l’ennemi. La collaboration et la déportation ne sont pas évoquées.

 

1969 – Le Chagrin et la pitié de Marcel Ophuls

Ce documentaire s’attache à interroger des Français de Clermont-ferrand et de sa région. Brisant le mythé d’une France entièrement héroïque, il laisse l’image d’une France souvent mesquine et s’accomodant de l’occupation.

Voir d’autres extraits extraits ici.

1974 – Lucien Lacombe de Louis Malle

Le film présente le destin d’un jeune homme un peu simple, qui, faute d’être accepté dans la résistance, joint, un peu par hasrd, les collaborateurs français. Portrait sans parti pris, il reflète la difficulté à juger une époque.

1985 – Shoah de Claude Lanzmann

Refusant tout effet esthétique des films qui, depuis 1946, évoquent le génocide juif, ce film prend le parti d’interroger les témoins et de parcourir les sites des camps. Il permet l’arrivée sur la scène publique de la mémoire de la persécution des Juifs et du génocide.


Shoah pt.3 par kaz1988

1990 – Uranus de Claude Berri

Adapté du roman de Marcel Aymé, ce film traite de l’immédiat après guerre, temps de l’épuration mais aussi de règlements de compte mesquins ou se révèle le pathétique de beaucoup de personnages. Les repères moraux s’estompent.

2006 – Indigènes de Rachid Bouchareb

On entre ici dans le cinéma mémoriel qui commémore une communauté. C’est la construction d’une mémoire, une oeuvre émotionnelle qu participe à la définition d’une identité.


Dans la même optique, L’Armée du crime, de Robert Guédiguian (2009) travaille la mémoire des immigrés résistants.

2009 – Un Village français de Lucien Triboit

Sous le format ambitieux d’une série en six saisons, ce projet, encadré par des historiens, a une ambition pédagogique forte.

 

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