Deux situations alimentaires [DM collaboratif 2nde – Géo chapitre 2]

Des émeutes de la faim aux greniers du monde – Comprendre des situations alimentaires et explorer deux exemples, le Sénégal et le Vietnam

 

Ce devoir maison a vocation à être formatif, c’est-à-dire que l’enseignant va vous suivre et vous conseiller dans la réalisation. Il se déroule en deux phases et repose sur le travail collaboratif.

Phase 1

  • composition de binômes
  • ouverture d’un GoogleDoc dans le Drive (Géographie/G2/DM) sous le nom ‘DM1_prénom1_prénom2’
  • réduction des droits d’accès au binôme et à l’enseignant
  • réalisation des parties I et II
  • À la date du 15 janvier l’enseignant procède à une première évaluation :
    • respect des consignes
    • prise en compte des conseils
    • qualité du travail
    • conseils pour améliorer ces deux premières parties

Phase 2

  • Amélioration des parties I et II
  • Réalisation de la partie III
  • Fin du travail le 1er février et fin de l’évaluation.

Évaluation

Vous serez évalués par deux notes, portant respectivement sur :

  •  le contenu proposé dans les réponses et la manière dont les compétences sont maîtrisées
  • le respect des consignes et l’engagement dans le travail collaboratif.

I. Les émeutes de la faim

Prenez connaissance des documents puis répondez aux questions.

A. Un phénomène important

Objectif : prendre connaissance d’un phénomène
Compétences : relever et classer de l’information à partir de sources variées, répondre à des questions, utiliser Twitter, travailler en collaboratif.

Document 1 – carte des émeutes de la faim en 2008
Carte des émeutes de la faim

Document 2 – Reportage en Afrique de l’Ouest

Document 3 – Un phénomène mondial et urbain

Jamais le monde n’a été aussi bien nourri. Pourtant, on assiste à la réapparition des « émeutes de la faim ». […]
On croyait les « émeutes de la faim » révolues, appartenant à un autre siècle désormais très lointain, celui des manifestations de février 1917 à Saint-Pétersbourg et Moscou, celui des conflits du tiers-monde et de l’explosion démographique des pays « sous-développés » des années 1970. Dans la globalisation actuelle – un monde où la Chine et l’Inde sont des pays « émergents » –, les famines n’étaient plus possibles, ou alors volontairement provoquées, comme au Darfour.
Et pourtant, depuis 2006, les émeutes de la faim sont réapparues. Et plus inquiétant encore, dans des pays où l’on ne s’attendait pas du tout à les voir resurgir.
C’est au Mexique à la fin de l’année 2006 que, pour la première fois, le phénomène est devenu visible. En janvier 2007, près de 100 000 Mexicains défilent pour protester contre l’augmentation de plus de 40 % des prix de la tortilla, base de l’alimentation des classes populaires urbaines. En septembre 2007, toujours à Mexico, ce sont des milliers de manifestants qui descendent dans les rues pour protester contre l’augmentation des produits alimentaires de base. En mars 2008, on assiste à Rabat à des manifestations de rue au cours desquelles de durs affrontements avec la police provoquent la mort de plusieurs personnes. Début avril 2008 : à Haïti, au moins six personnes sont tuées et deux cents autres blessées ; en Égypte, cinq morts et trois cents blessés. En Somalie, plusieurs morts début mai 2008 dans des émeutes particulièrement violentes.[…] Et ce ne sont que quelques exemples dans une liste très longue.

Dans le journal The Hindu (Chennaï, ex-Madras, Inde), on peut trouver une première explication. Pradip Das, membre du personnel au sol de la compagnie aérienne Jet Airways, explique : « Je rêvais d’acheter un téléviseur, mais je n’ai plus d’économies. J’ai dû les dépenser pour acheter des produits de première nécessité (1). » P. Das gagne pourtant un salaire mensuel de 5 000 roupies (79 euros) bien supérieur à la moyenne. Mais pour la première fois, les classes moyennes urbaines sont touchées par des difficultés alimentaires. Pour la première fois, ce qui était confiné au rural invisible – la malnutrition chronique – atteint un monde de plus en plus urbain (la population mondiale est désormais à 52 % urbaine).

Les émeutes de la faim actuelles superposent deux crises très différentes : une crise ancienne qui renvoie à la malnutrition rurale qui perdure depuis soixante ans (et qui concerne aujourd’hui 860 millions de personnes) et une crise plus récente, apparue depuis quelques années, qui concerne les classes moyennes urbaines.

La malnutrition chronique est connue depuis longtemps. La FAO (Food and Agriculture Organisation) publie depuis de nombreuses années un rapport annuel qui décrit en détail cette malnutrition planétaire. Ces rapports rappellent l’incroyable diminution de la faim à laquelle nous assistions depuis le début des années 1960. Jamais le monde n’a été aussi bien nourri.

La crise alimentaire actuelle est totalement différente. Elle se greffe sur la première mais n’atteint pas les mêmes couches sociales et n’est pas liée aux mêmes raisons. La crise alimentaire touche les villes et non plus les espaces ruraux. Elle affecte les classes moyennes dont les revenus sont largement au-dessus des salaires moyens locaux.

[…] À l’échelle mondiale, le prix de la viande a augmenté de 10 %, celui du lait de 48 % et celui des céréales alimentaires de 80 %, déstabilisant des couches sociales moyennes des États émergents. Encore plus inquiétant, cette poussée se situe dans le retournement d’une tendance lourde qui existait depuis les années 1970 : alors que les prix d’ensemble baissaient de façon continue depuis 1975 (divisés par quatre en moyenne), entre 2000 et 2005, ceux-ci subirent une légère augmentation avant de se trouver désormais multipliés par plus de deux. C’est pour protester contre ces augmentations que les classes moyennes – celles qui en Inde ou en Argentine profitent habituellement de la mondialisation – sont descendues dans la rue.

Sciences Humaines, juin 2008

Questions :

  1. Quelles formes ont pris les « émeutes de la faim »
  2. Dans quels pays se sont-elles produites ?
  3. Quelles sont les populations concernées ?
  4. Chaque élève tweete une image de ces émeutes en signalant le lieu et la source ; utilisez le hashtag #lfid2c

 

B. Comment l’expliquer

Objectif : analyser des causalités
Compétences : relever et classer de l’information à partir de sources variées, rédiger un texte

Document 1 – La place du riz au Sénégal

Document 2 – De nombreux facteurs

Le cas du riz est une bonne illustration de la volatilité des cours enregistrée en 2008. Depuis une vingtaine d’années, cette céréale se vendait entre 300 et 400 dollars la tonne. Toutefois, à partir de 2002-2003, la production mondiale, qui augmente pourtant régulièrement, s’est accrue moins rapidement que la demande, entraînant une diminution de stocks. Le marché du riz est assez concentré : seul 7 % de la production mondiale est échangée sur le marché mondial, soit un peu plus de trente millions de tonnes en moyenne. Dès qu’il y a eu des tensions sur les prix du riz au début janvier 2008, certains pays exportateurs, peu nombreux, comme le Vietnam, la Chine, ou l’Inde, ont bloqué leurs exportations pour éviter toute inflation importée. En mai 2008, le prix du riz sur le marché mondial atteignait 1 000 dollars la tonne.

Le cas du Sénégal est alors tout à fait exemplaire. Le pays n’a pas connu de famine mais une tension très forte sur les prix de quelques denrées de premières nécessités, dont le riz, qui s’est cruellement répercuté sur le budget des ménages sénégalais. […] Le Sénégal est un importateur net de riz, la principale céréale consommée dans le pays alors même que 60 % de la population active du pays travaille dans l’agriculture. Parmi les différents facteurs explicatifs des problèmes agricoles du pays et en particulier la filière riz, deux retiennent particulièrement l’attention.

[On a assité à une] succession de plans ou d’impulsions, qui sont généralement peu suivis d’effets, et qui ne sont pas accompagnés de mesures dans la longue durée, et surtout, manquent de cohérence. La centralisation de la décision se conjugue à une capacité de plus en plus faible du ministère à connaître le terrain. […]

Il y a également, à un niveau macroéconomique une véritable addiction du Sénégal aux importations pour deux raisons essentielles. D’une part, les importations sont taxées et les recettes fiscales de l’Etat tirées de ces taxations sont très importantes. D’autre part, […] si l’on prend l’exemple du riz, il y a deux ou trois grosses sociétés d’importation, qui ont des capacités de stockage, des capacités de distribution les rendant incontournables sur le marché sénégalais. Dans le secteur du riz comme dans celui de bien d’autres produits, nous sommes en présence d’un marché de type oligopolistique où les ententes entre les gros importateurs sont connues.

Institut Français des Relations Internationales, 2010

Question :

Rédigez un texte de 300 mots (+/- 10%) pour répondre à la question : « Comment peut-on comprendre les émeutes de la faim au Sénégal, et en quoi sont elles liées à un phénomènes mondialisé ? »

 

II. Exporter du riz

Objectif : montrer l’importance d’un phénomène productif
Compétences : rechercher de l’information statistique, la synthétiser, la transformer et la commenter.

  1. Présentez le site The world factbook. Quelle est la part de l’agriculture dans l’économie du Vietnam ?
  2. Utilisez le site FAOStat pour chercher des statistiques et créer une visualisation graphique à partir d’un tableur. Ce graphique devra montrer l’importance de la culture du riz au Vietnam. C’est à vous de décider :
    • quelles statistiques utiliser (il est recommander d’en combiner plusieurs) : production, consommation, prix,…
    • la période de temps
    • la nature du graphique (lignes, histogramme,…)
  3. Commentez votre graphique en montrant l’intérêt de l’information visualisée

Note : Les données du site FAOStat sont exportables en fichier xls, soit le format Microsoft Excell. Mais ces fichiers sont parfaitement lisibles avec :

  • la suite bureautique libre LibreOffice qui dispose d’un tableur (module CALC). De nombreux tutoriels sont disponibles comme cette vidéo ou ce pdf.
  • Google Doc en mode feuille de calcul

 

III. L’avenir alimentaire

Objectif : traiter de l’information en analyse et prospective
Méthodologie : analyser l’information, classer et hiérarchiser, construire un discours

Document 1 – Le bilan de la GOANA

Au Sénégal, la Grande Offensive agricole pour la nourriture et l’abondance, lancée en 2008, n’a pas permis d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. Quel est le nouveau plan ?

Les fonds injectés dans le secteur à travers la Goana avaient provoqué une embellie agricole jusqu’en 2011. Mais en juin 2012, la production a baissé de 32 % par rapport à 2010-2011.. « Mais les bases de cette croissance étaient fragiles », explique le professeur Abdoulaye Diagne, du Consortium pour la recherche économique et sociale. « Les subventions ne se sont pas traduites par une forte injection d’intrants dans le secteur, une grande partie des ressources ayant été détournées avant d’arriver aux producteurs. » En 2011, une mauvaise pluviométrie conjuguée à un quasi-arrêt des subventions a replongé l’agriculture dans la crise.

Le gouvernement veut donc tout reprendre de zéro. Le budget 2013 du ministère de l’Agriculture vient à peine d’être fixé (61 milliards de F CFA, soit près de 93 millions d’euros), mais le premier conseiller du ministre affirme avoir déjà démarré plusieurs chantiers : la mise en place d’un système d’information agricole « pour avoir des statistiques fiables », et la reconstitution du capital semencier. Dans les prochaines semaines, des ateliers sur la maîtrise de l’eau, la mécanisation de l’agriculture, la formation et la recherche seront mis sur pied. Ce sont les trois principaux axes de la nouvelle politique agricole. Jean-Pierre Senghor assure que, cette fois, « tous les acteurs seront inclus dans les consultations », qui aboutiront à un plan quinquennal.

http://economie.jeuneafrique.com, octobre 2012

 

Document 2 – Le marché du riz en 2015

Observez le suivi du marché du riz sur le site de la FAO.

Document 3 – Vers l’autosuffisance en Afrique ?

Source : RFI, juin 2013

 

AFRIK ECO – DOSSIER – 25/06 – RIZ autosuffisance africaine [Si aucun player ne s’affiche ci-dessous, écoutez le document directement depuis le site de RFI)

(02:11)

  1. Prenez connaissance des documents. Réalisez une carte mentale en commun pour classer et hiérarchiser les informations. Vous pourrez utilisez le service en ligne collaboratif Mindmup. L’un des membres du binôme crée une carte, la lie à son compte Google Drive puis la partage avec son collègue et les deux enseignants.
  2. À partir du premier document, présentez une synthèse sous forme d’un fichier audio pour répondre à la question : « Les marché du riz peut-il empêcher de nouvelles émeutes de la faim ? ». Ce fichier doit être au format libre OGG et durer de 5 à 10 mn. Les deux élèves doivent s’exprimer.

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *