Motivé, motivés

Carnet de bord Elearn², Module 4, Activité 7

La motivation est un des piliers du modèle IMAIP, un élément indispensable de la réussite mais trop souvent ignoré, ou plutôt observé avec une forme de désillusion impuissante lorsque s’impose, a posteriori, le constat de la démotivation. Il faut donc la replacer au cœur de notre réflexion.

Le titre de ce billet entend d’abord attirer l’attention sur le fait que c’est d’abord notre motivation, en tant que formateur, qui est le premier contact de l’apprenant avec la discipline. C’est un fait rappelé par R. Viau au début de cet article. Dans le cadre d’un exercice placé sous le signe du tutorat actif, l’enseignant motivé ne devra pas faillir.

Mais prenons tout d’abord le temps d’un petit détour avec cette conférence de Dan Pink, car même si son propos vise plutôt le monde du business, et avec un peu de ce défaut propre aux conférences TED qui réduisent les facteurs pour n’en mettre q’un en valeur, il n’en évoque pas moins des idées intéressantes sur la motivation.

On le voit, l’idée de la récompense fonctionne parfois, mais finalement moins lorsque la tâche cognitive est plus intense et plus riche, à mesure, serait-on tenter de dire, qu’on s’élève dans l’échelle de la taxonomie de Bloom. Autrement dit, la course à la note ne sied pas à tous et peut même se montrer contre productive… Il faudra donc y réfléchir. Dan Pink insiste alors sur trois points :

And to my mind, that new operating system for our businesses revolves around three elements: autonomy, mastery and purpose. Autonomy: the urge to direct our own lives. Mastery: the desire to get better and better at something that matters. Purpose: the yearning to do what we do in the service of something larger than ourselves. These are the building blocks of an entirely new operating system for our businesses.

 

Autonomie, Maîtrise, Objectif. Trois axes de réflexion qui finalement se combinent assez bien avec les trois sources définies par R. Viau dans son modèle de la dynamique motivationnelle : comment donner de la valeur, comment faire sentir à l’apprenant qu’il est compétent pour réussir, comment enfin entretenir une forme de contrôlabilité ?

La valeur

Comme pour le pilier « mastery » proposé par D. Pink, il ne s’agit ni plus ni moins que de donner un sens à ce qui est réalisé.

Dans le cadre d’une activité portant sur un cours directement lié à l’actualité (la croissance urbaine), il est assez aisé d’adopter un double point de départ qui suscite l’intérêt : des faits d’actualité, et on profitera du blog pour en faire une médiatisation dynamique, et bien sûr l’implication même de l’étudiant à travers son expérience d’urbain. C’est ainsi le faire acteur du contenu et l’engager à avoir une démarche active de réflexion qui sera une réflexion sur lui même.

Ensuite, c’est le but final, l’objectif, la production qui doivent mis en valeur. Cette production pourra être adaptée à chaque binôme et même, mieux, définie avec lui.

Mais la valeur sera aussi le fruit de la forme qu’on donne à l’activité et comment on l’entretient. Il est ici bien sûr question d’interaction, de la manière dont la formation va se dérouler et les outils qui seront adoptés. Faire usage des réseaux sociaux sera sans doute un facteur initial de motivation, ne serait-ce que par l’attrait de la nouveauté (car les jeunes apprenants font peu usage de Twitter) mais on n’oubliera pas de laisser un peu d’autonomie dans la communication entre binôme pour que des applications usuelles aux apprenants (Twitter, Whatsapp,…) soient employée à leur gré.

Les compétences de l’apprenant

Quels savoirs et quelles compétences de l’apprenant mobiliser et comment valoriser son « autonomy » ? Une activité initiale, en lien avec la construction de la valeur, serait à envisager, une activité déjà créatrice et assez haute sur la taxonomie de Bloom mais maîtrisée, soit en zone d’autonomie, juste à la frontière avec la zone proximale de développement à viser pour la suite. Ce serait l’occasion de formuler et d’utiliser du vocabulaire et des notions issus du cycle du collège.

Ensuite, il faut indéniablement faire appel aux capacités techniques, sur le plan du travail collaboratif au vue de l’expérience acquise avec un premier travail réalisé en octobre. Cette mobilisation des capacités (travail collaboratif, échanges via Twitter, …), et le travail de transmission au sein du binôme, montreront à l’apprenant qu’il est déjà doué de savoir-faire qui l’aideront à construire des compétences.

La contrôlabilité

Il reste  donner à l’apprenant le sentiment, avéré, qu’il réussit dans sa tâche, qu’il prend part au « purpose » proposé par D. Pink. On aura d’abord soin de baliser le cheminement à venir, de montrer où la formation entend nous entraîner. Pour cela, un guide sous forme de schéma serait sans doute très intéressant. On peut même imaginer de le réaliser avec cacoo, de manière à, si besoin, l’actualiser en cours de route selon le modèle de M. Lebrun où l’évaluation s’exerce aussi sur le processus en cours. Il faut en effet éviter qu’à un moment ou un autre, un apprenant se sente perdu et décroche.

Ensuite, c’est l’évaluation qui doit être adaptée. Comme le dit R. Viau :

les modes d’évaluation axés sur la performance de l’élève plutôt que sur son processus d’apprentissage peuvent, dans certains cas, le motiver à réussir, mais font généralement obstacle à sa motivation.

Plutôt que la traditionnelle note de fin d’exercice, qui vient sanctionner le travail, il faut plutôt construire cette évaluation au fur et à mesure, par un processus transparent qui permette à l’apprenant de se mesurer au fur et à mesure (ce sera sans doute l’objet de a réflexion du module 6).

En résumé

  1. Impliquer la vie de l’apprenant dans l’activité
  2. Profiter de l’intérêt des outils de communication
  3. Mettre en valeur le travail collaboratif
  4. Varier la médiatisation l’information
  5. Définir un parcours clair et explicite
  6. Proposer des réalisations adaptées à chaque binôme
  7. Réinvestir ses savoirs et capacités
  8. Donner de la valeur en étant créateur et formateur
  9. Évaluer les processus d’apprentissage
  10. Être présent, encourager

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *