Mers et océans : un monde maritimisé – EPI (4e G 3.1)

Ce cours correspond à l’EPI « Mondialisation des échanges ». Il permet de poser les bases des enjeux de la mondialisation à partir des espaces maritimes. Il est associé à la Technologie pour la construction d’un robot programmable, et aux Mathématiques pour la programmation du robot représentant un porte conteneur et devant se déplacer dans l’espace monde.

Des points évaluation permettront, au cours de l’étude, de travailler plusieurs compétences :

  • l’acquisition des repères géographiques à l’échelle mondiale
  • la pratique du langage cartographique
  • raisonner en justifiant ses choix par la pratique de l’analyse systémique.

I. La maritimisation des échanges

1. L’explosion du trafic des conteneurs

  1. Quelles est l’évolution du trafic de conteneurs entre 2005 et 2012 ?
  2. Quelle est l’origine du conteneur ?
  3. Quel est son intérêt principal ?
  4. Pourquoi permet-il de mondialiser la production des biens manufacturés ?
  5. Combien de temps faut-il pour décharger les conteneurs ? En quoi cela est-il un avantage ?
  6. Pourquoi le changement climatique a-t-il un impact sur le trafic des conteneurs ?

  1. Comment le trafic de conteneurs évolue-t-il depuis 2000 (passer la souris sur la courbe pour faire apparaître les chiffres) ?
  2. En vous rendant sur le site de la Banque Mondiale, faites varier données (avec la liste des pays sous le graphique et le bouton « Afficher également ») pour faire notamment apparaître :
    • la place de la Chine
    • la place du Vietnam en Asie
    • la place  de l’Asie Pacifique
    • la place de l’Europe

 

Le site SeaRates permet de simuler le transport d’un conteneur d’un point à l’autre de la terre. Réaliser plusieurs combinaisons.

  • Que peut-on dire du coût et de la durée ?

 

2. Un trafic maritime généralisé

Document 1

De l’eau a coulé sous les ponts entre 1956, année où le premier cargo transporta 58 remorques de camion, et aujourd’hui, où les navires sont devenus de véritables villes flottantes. Une course au gigantisme récemment illustrée par le rachat ambitieux du groupe singapourien NOL par le français CMA CGM créé en 1978 à Marseille, pour 2,4 milliards de dollars. Le nouvel ensemble disposera d’une flotte de 563 navires, emploiera 29.000 salariés et atteindra un chiffre d’affaires de 22 milliards de dollars. L’opération est ambitieuse pour ce groupe familial qui était encore au bord du dépôt de bilan il y a six ans. Elle est surtout risquée à l’heure où le commerce mondial ralentit.

En 2014, l’ensemble de l’industrie maritime mondiale a transporté 10 milliards de tonnes de marchandises. En tout, 90% des volumes transportés et 80% des valeurs transitent par la voie maritime, la principale route étant celle qui relie la Chine à l’Europe via le canal de Suez (dernièrement agrandi). Par comparaison, le fret aérien transporte à peine 2 millions de tonnes de marchandises.

En France, près des trois quarts des importations et exportations se font par voie maritime. Les navires français transportent annuellement plus de 300 millions de tonnes de marchandises. Si les produits manufacturés (high-tech, électroménager…) et l’alimentation sèche (riz, blé…) restent les biens les plus transportés, les produits réfrigérés (fruits, légumes, viandes) passent de plus en plus souvent par la mer.

Le transport maritime, pénalisé par sa lenteur, se démarque par sa très grande rentabilité et ses faibles émissions en CO². Transporter 20 tonnes de l’Asie vers l’Europe coûte autant qu’un billet d’avion pour une seule personne sur le même parcours, une télé d’une valeur de 700€ coûte 10€ à transporter en bateau.

C’est le commerce de marchandises par conteneur (15 % du commerce maritime) qui a connu le plus fort taux de croissance avec une hausse de 5,6%. Le trafic observé entre l’Asie et l’Europe (+7,5 %), et le trafic trans-pacifique (+6,3 %) ont nettement progressé grâce à la reprise aux États-Unis et, dans une moindre mesure en Europe. Les autres compartiments du commerce maritime, en particulier les cargaisons sèches (minerais, céréales, charbon…) ont enregistré des taux de croissance d’environ 5 %. Seul le transport par tanker (pétrole et gaz) a subi un recul (-1,6 %).

D’après lesechos.fr, 2015

Document 2

D'après ARTE
D’après ARTE
  1. Quelle est l’importance du trafic maritime ?
  2. Quelle est la situation du trafic par conteneur
  3. Quelles sont les marchandises qui ne circulent pas par porte conteneur ?
  4. Dans quels bateaux les transporte-t-on ?
  5. Pouvez vous identifier les bateaux ci-dessous ?

Rendez vous sur le site marinetrafic qui permet de suivre la position des bateaux dans la monde en direct.

  • Quels bateaux repérez vous dans le port de Hô Chi Minh-Ville ?

Choisissez un ou deux bateaux et utilisez ce fichier CSV pour noter ses positions. Vous pouvez les recevoir par mail en créant un compte puis une flotte (fleet) sur le site marinetraffic :

3. La transformation des espaces

Le port d’Anvers

A. Les paysages

  1. Situez le port d’Anvers à différentes échelles :
    • dans le monde
    • en Europe
    • en Belgique
  2. Images 1 à 5 : décrivez rapidement chaque paysage et identifiez les produits embarqués ou débarqués.
  3. Images 6 et 7 : quelles activités liées aux échanges peut-on voir ?
  4. Images 8 et 9 : que trouve-t-on également sur le port et pourquoi ?

B. Transformations de l’espace

Le premier espace portuaire est constitué par les bords de l’Escaut sur la rive droite. Après avoir équipé l’espace le plus proche de la ville, le port gagne le Nord tout au long du XXe siècle avec des premières industries portuaires. Peu détruit durant la Deuxième Guerre mondiale le port continue dans les années 50 son expansion avec une première raffinerie et en 1967 les débuts de la conteneurisation au Churchilldock. Pour faire face au développement de Rotterdam, le Port d’Anvers s’étend jusqu’à la frontière avec un canal de liaison vers le Rhin de grand gabarit (1975) et occupe désormais aussi la rive gauche (Waasland kanal ). La conteneurisation qui s’affirme comme un des vecteurs de la croissance portuaire est régulièrement dotée de nouveaux sites.  En 2005, les nouveaux terminaux du Deurganckdok doublent avec 7 M d’evp la capacité de manutention des conteneurs du port d’Anvers (même si en 2010, seuls 20% des trafics étaient localisés sur la rive gauche). Le prochain développement évoqué se situe un peu plus au nord avec le projet du Saeftingedok (1 000 ha) plus vaste encore que le Deurganckdok. Néanmoins, le débat est en cours et devrait continuer quelques années en raison de l’opportunité de construire un équipement peut être surcapacitaire pour Anvers, mais aussi pour le Range Nord

Note de synthèse de isemar.asso.fr

  1. Comment le sport s’est-il géographiquement développé ?
  2. Quels éléments ont favorisé le développement
  3. quelles sont les limites au développement ?

 

  1. Situez le village de Doel sur la carte précédente
  2. Quel est son aspect ?
  3. Pourquoi peut-on dire que la maritimisation des échanges aune influence sur les sociétés ?

C. Le port, une interface

Comme dans les autres ports européens la route domine largement la desserte terrestre des conteneurs (55%) et comme à Rotterdam le mode fluvial occupe une place importante (34% et 2,3 M d’evp) avec à la fois des échanges avec le voisin néerlandais, une part du marché rhénan, quelques flux domestiques notamment via le Canal Albert et l’Escaut et très partiellement avec le Nord de la France.

Pour les liens avec le Sud il n’y a pas de grand gabarit et l’ouverture du marché français via le Canal Seine Nord demandera des travaux importants. Pour le ferroviaire (11% de la desserte modale), le port d’Anvers ne manque pas de services 7 avec de nombreuses connexions (200 services hebdomadaires) vers les grandes régions économiques proches. La modernisation de la ligne Athus – Meuse a renforcé l’accessibilité à la Lorraine et au Luxembourg et au -delà à toute la France de l’Est et à la Suisse. L’objectif maintenant de la place anversoise est une liaison de qualité avec l’Allemagne rhénane.

Note de synthèse de isemar.asso.fr

  1. Comment les marchandises sont-elles stockées ?
  2. Par quels moyens de transport sont-elles acheminées vers d’autres espaces ?
  3. À quels espaces le port est-il relié ?

Point évaluation 1 : le langage cartographique

Comme pour l’étude de cas sur Detroit, il s’agit à présent de réaliser un schéma qui permette de comprendre rapidement l’organisation de l’espace. Utilisez ce fond et :

  1. complétez les informations la légende
  2. choisissez les figurés et les couleurs
  3. complétez le schéma
  4. donnez lui un titre

 

L’agrandissement du canal de Suez

  1. Où se situe le canal de Suez ?
  2. D’après cet article, quelles sont les grandes dates de son histoire ?
  3. Pourquoi peut-on dire que c’est un lieu stratégique ?

Si l’on a coutume de dire que le cœur de l’Égypte bat autour du Nil, son oxygène et l’essentiel de ses devises lui viennent de ce canal vieux de 145 ans. Chaque année y transitent 25 % du commerce mondial, soit environ 34 000 navires, dont 2 700 pétroliers transportant 29 millions de tonnes de brut (7 % du trafic pétrolier maritime mondial et 13 % de celui du gaz naturel liquéfié). En empruntant le canal de Suez pour passer de la mer Rouge à la Méditerranée (ou inversement), les équipages s’épargnent le contour de l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance. C’est aussi pour soutenir la concurrence avec le canal de Panama, qui doit être élargi d’ici à fin 2016, que le gouvernement égyptien a tenu à accélérer le chantier.

Moyennant l’extraction de 260 millions de tonnes de sable, une nouvelle voie longue de 35 km a été creusée parallèlement au « canal historique », élargi quant à lui sur 37 km. De quoi permettre une double circulation des navires (contrôlée et orchestrée par satellite) sur un tronçon de 72 km, le canal s’étirant au total sur 193 km depuis Port-Saïd, sur la Méditerranée, jusqu’au golfe de Suez, qui borde la mer Rouge.

Ces travaux vont permettre de réduire de onze à trois heures le temps d’attente des deux convois quotidiens transitant dans la direction nord-sud, de doubler le trafic d’ici à 2020 (100 navires par jour) et d’assurer au pays des redevances annuelles de 13,2 milliards de dollars, uniquement en droits de passage, contre 5 milliards actuellement. Reste à savoir dans quelle mesure les travaux se répercuteront sur le coût, pour les armateurs, de la traversée de Suez, qui s’élève déjà en moyenne à 500 000 dollars pour un porte-conteneurs…

Le projet de développement de la zone économique du canal de Suez (SCZone) comporte en effet de nombreuses autres phases avec, à l’horizon 2018, le percement de 6 tunnels (4 routiers et 2 ferroviaires), l’aménagement de nouveaux ports à El-Arich, Damiette et Port-Saïd, ainsi que d’une zone d’activités logistiques et industrielles de 76 000 km2 le long du canal : des entrepôts et des chantiers navals, une vallée technologique spécialisée en électronique près d’Ismaïlia et, à l’ouest de Suez, une zone industrielle ouverte à toutes les filières (pharmacie, pétrochimie, métallurgie, etc.), sans oublier le développement d’une vingtaine de projets piscicoles. À la clé, la création de 1 million d’emplois d’ici à 2030, date à laquelle tous les projets devraient être opérationnels.

D’après jeuneafrique.com

  1. Quels travaux ont été réalisés ?
  2. Pourquoi cela était-il important ?
  3. Qu’est-ce que l’Égypte attend de ce nouveau canal ?
  4. Pourquoi peut-on dire que l’espace terrestre est transformé par les routes maritimes ?

 

Point évaluation 2 : préparation à l’analyse systémique

Afin de tirer partie des réponses, et pour préparer le raisonnement final, classez toutes les informations dans une carte mentale en définissant des catégories pertinentes.

II. Des enjeux de natures variées

1. Des enjeux politiques

  1. Quels sont les États intervenants ou ayant eu un rôle sur ces îlots ?
  2. Quelles ressources font que cet espace est convoité ?
  3. D’après ce document, jusqu’à quelle distance de la côte peut-on affirmer son droit à contrôler les ressources ?
  4. Quel autre élément explique la mobilisation des États ?

D’après les documents et les cartes proposées par le site Vision Carto :

  1. Qu’est-ce que la piraterie aujourd’hui ?
  2. Identifiez les zones de forte activité de la piraterie.
  3. Quelles est l’évolution du phénomène ?
  4. Quels États réagissent et comment ?

2. Les défis environnementaux

Pêche : 30 % des stocks halieutiques sont surexploités

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO, Food and Agriculture Organization) a déploré, lundi 9 juillet, une surexploitation des ressources halieutiques, alors que « les pêches et l’aquaculture durables jouent un rôle crucial dans la sécurité alimentaire et nutritionnelle ».

Le dernier rapport indique que « de nombreux stocks halieutiques marins contrôlés par la FAO restent soumis à de fortes pressions ». « Selon les dernières statistiques disponibles, près de 30 % de ces stocks sont surexploités. »

Le rapport de l’agence, intitulé « La Situation mondiale des pêches et de l’aquaculture 2012 », indique que le secteur a produit un chiffre record de 128 millions de tonnes de poissons destinés à la consommation, assurant à plus de 4,3 milliards de personnes 15 % environ de leurs apports en protéines animales. Les pêches et l’aquaculture représentent aussi une source de revenus pour 55 millions de personnes.

« Pêches et aquaculture jouent un rôle vital dans l’économie mondiale, nationale et rurale. Les moyens d’existence de 12 % de la population mondiale en dépendent directement ou indirectement. », a souligné le directeur général de la FAO, José Graziano da Silva.
Les principales menaces « dérivent essentiellement de la gestion inefficace et d’une mauvaise conservation des habitats », conclut la FAO, appelant la communauté internationale « à miser sur une utilisation réellement durable et responsable des ressources aquatiques afin de satisfaire aux besoins présents tout en garantissant ceux des générations futures ».

Lemonde.fr, juillet 2012

 

  1. Pourquoi la pêche est-elle importante pour les hommes ?
  2. Quels sont les deux dangers qui menacent cette ressource ?
  3. Quelles sont les autres ressources de la mer ?
  4. Quelles sont les conséquences d’une marée noire ?

  1. Comment ses deux vidéos nous montrent-elles que la mer peut être un espace pour construire le développement durable
  2. Dans le 2e exemple, comment l’usage de la mer influence-t-il :
    • l’espace ?
    • les sociétés ?

Point évaluation 3 : raisonner

À partir de la carte mentale, et des nouvelles informations, rédigez un texte pour expliquer quels sont les effets de la mondialisation.

III. Carte de synthèse

La carte de synthèse vise à construire une représentation des échanges maritimes pour préparer le fond sur lequel le robot se déplacera. (Suite à venir)

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