Analyser son enseignement

Carnet de bord Elearn², Module 1, Activité 7

Choix du cours

Une contrainte forte : préparer à un examen
Une contrainte forte : préparer à un examen

Dans le cadre du MOOC Elearn², je me fixe comme objectif de transformer l’un des cours de l’année pour en faire une leçon très orientée elearning. le choix se porte sur  Les mondes arctiques, du programme de seconde, et ce pour deux raisons : la programmation le place vers la fin du MOOC, donc au moment de vraiment passer à l’expérimentation en bénéficiant de tous les apports des mois qui précèdent, et parce c’est un bon moyen pour présenter aux élèves un processus qui pourrait, si l’expérience est satisfaisante, se reproduire dans leurs années de lycée.

Choix pédagogiques

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Donner des clés pour comprendre un monde complexe

Le cours choisi est la 5e séquence de Géographie du programme de Seconde, et l’intitulé exact en est Les mondes arctiques, une « nouvelle frontière » sur la planète. Les accompagnements officiels du programme signalent que l’enseignant « peut construire son projet sur la base de 7 à 8 séances d’une heure » (avec une forme d’ambiguïté puisque nos séances ne durent que 55 minutes, et plutôt au mieux 53 si on prend en compte le temps d’arrivée et d’installation. 8 séances, ce la fait donc en fait à peine plus de 7 heures effectives.) La moitié du temps est consacré à une étude de cas.

Les années précédentes, tout s’est déroulé en présentiel, avec un déroulé dit traditionnel, même si ce terme trop facilement évoqué devrait lui même être soumis à critique. Les objectifs du cours sont multiples

  • donner des clés de lecture du monde, ici sur un espace dont l’importance ne pourra que se renforcer dans les année à venir du fait du réchauffement climatique. Les clés sont géopolitiques, économiques, environnementales et sociétales.
  • Utiliser des savoirs : les clés de lecture précédentes se construisent comme des savoirs, mais qu’il faut être capable d’analyser, d’évaluer et de mettre en relation. On pourra dès lors parler de compétences
  • analyser des documents de natures variées : textes, cartes, données statistiques, vidéos
  • renforcer des savoirs-faire élaborés depuis les début de l’année : prise de note linéaire, prise de note en carte mentale, réalisation de croquis
  • plus généralement renforcer tout l’arsenal scolaire qui, de manière pragmatique, sert à préparer l’examen du baccalauréat.

On trouvera donc, dans le cours de la leçon :

  • des séquences vidéos externes (dessous des Cartes, Radio-Canada, AFP, …) à analyser : c’est un point important car faute d’évaluation au baccalauréat de ce type de documents (pour des raisons techniques évidentes), on a tendance à les négliger alors que nos futurs citoyens et adultes autonomes sont déjà majoritairement confrontés à ce média. Il faut donc leur donner les capacités nécessaires pour procéder à de l’analyse critique ;
  • des études documentaires qu’on peut qualifier de classiques, sous la forme d’ensembles documentaires proposés dans le manuel avec une série de questions : il s’agit de développer les capacités d’analyse et de confrontation des documents.
  • des phases de cours magistral : les processus cognitifs activés dans l’écoute/retranscription restent pertinents à travailler, et son aussi une préparation à ce que certains trouveront en post-bac.

Les outils informatiques mobilisés sont : logiciel de carte mentale (Freeplane), GoogleDoc pour la prise de note collaborative, Twitter pour partager des remarques ou live-tweeter une séquence vidéo, Open-Sankore pour les notes de cours qui seront ensuite exportées et mises à disposition des élèves via l’Environnement Numérique de Travail.

La question de l’efficacité

Comment personnaliser l'évaluation ?
Comment personnaliser l’évaluation ?

Au terme d’une séquence la question de l’efficacité se pose. Dans le processus classique, on y répond par une évaluation qui s’inscrit dans un parcours évolutif commencé en début d’année, et qui a pour objectif de construire peu à peu les savoirs-faire nécessaire pour l’examen de Terminale.

Traditionnellement, je privilégie ici l’explication de deux documents qui permet d’évaluer :

  • la maîtrise des savoirs
  • la capacité à analyser et confronter
  • des compétences d’organisation et d’expression en évitant la paraphrase et la confusion

C’est donc une étape importante dans le cursus, qui permet à l’élève de se situer dans l’échelle traditionnelle des notes et de mesurer ses progrès.

 Analyse réflective au regard des modèles de Biggs et de Lebrun

Il convient à présent de mener une première analyse réflective, au vue des deux modèles étudiés dans le module 1.

Quel alignement ?
Le modèle de l'alignement
Le modèle de l’alignement

Selon le schéma de Biggs, il faut aligner les objectifs, les outils et la méthode. Dans la structure présentée  précédemment, il y a sans doute des points à retenir et d’autre à améliorer : les objectifs sont ceux attendus en classe de seconde et donc connus, mais pour autant ne serait-il pas bon de les reformuler expressément en début de cours? J’ai tâché de varier les outils, lesquels doivent à ce moment de l’année être maîtrisés par les élèves, mais sans doute conviendrait-il de mieux les faire interagir par exemple; Quant à la méthode je tâche de varier les approches et les documents, la travail individuel, le collaboratif et les interaction, mais ces derniers points restent à développer.

Reste qu’en général les évaluations montrent une grande diversité et une répartition des élèves des catégories 2 à 5 de la taxinomie SOLO. Ce qui est proposé comme une solution possible, à savoir l’alignement constructif, est à prendre en compte dans la recherche d’une solution pour que le plus d’apprenants possibles progressent. C’est encore ce qui manque, à savoir la possibilité de se concentrer sur l’apprentissage de chaque élève.

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Pour aller plus loin, il faut confronter notre activité au modèle proposé par M. Lebrun. Reprenons tout simplement l’acronyme :

  • Information : là
  • Motivation : elle est travaillée par le travail collaboratif, ql’usage d’outils comme Twitter et le média vidéo, notamment en introduction
  • Activité : les activités se déroulent surtout pendant la première partie, durant l’étude de cas. mais le caractère formel et fermé de l’ensemble documentaire devra être revu pour mieux satisfaire les exigences qui sont celles de l’évaluation finale ; notons toutefois l’intérêt d’un cours commun en ligne qui me permet d’insérer des annontations sous forme de commentaire dans le Google Doc et qui invientent les élèves à revenir sur les notes pour les améliorer, les corriger ou les compléter.
  • Interactivité : peu de souci ici grâce à twitter, au cours commun, que ce soit de manière synchrone, c’est-à-dire ua moment du présentiel en cours, ou de manière asynchrone, lorsque je reviens sur ce cours et insère des commentaires
  • Production : peu de demande ici, sinon

 Il faut aussi poursuivre la réflexion sur l’évaluation : comment proposer une évaluation adaptée à chacun, et comment évaluer – et donc éventuellement modifier – le processus en cours d’utilisation.

Construire un projet : premiers éléments

On le voit donc, beaucoup reste à faire. Cependant, un certain nombre de nouveaux projets pourront sans doute être mobilisées :

  • le principe de la classe inversée, déjà expérimentée ici
  • continuer à exploiter les travaux de groupes collaboratifs et mutualisateurs (comme ici)
  • l’usage de Twitter pourrait être étendu, pour une interaction constante, et non seulement ponctuelle comme c’est le cas aujourd’hui

Ces perspectives feront sans aucun doute l’objet de prochains billets.

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