La France en villes – Clichy sous bois

Cet exercice peut se faire seul ou en binôme. C’est une introduction à la tâche complexe : un problème est posé, et il faut tâcher d’y répondre en mobilisant des connaissances du cours et des capacités liées à l’analyse de document.

Vous devrez déposez dans Owncloud (dossier Clichy) :

  • un texte au format PDF
  • un schéma réalisé au crayon sur feuille

Problème : comment gérer les fractures urbaines à Clichy sous bois ?

Vous construirez votre réponse à partir des trois axes abordés. Le schéma doit rendre compte des problématiques liées à la ville de Clichy en relation avec l’aire urbaine. N’oubliez pas de mobiliser les connaissances vues en cours et notamment les concepts liées à l’étude de la ville.


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I. Des fractures urbaines

distances-de-paris-centre-lDans cette première partie, étudiez la situation de Clichy sous Bois. Il faut mettre en valeur la situation économique et l’accès aux services, notamment de transport pour voir si la commune est bien reliée au centre urbain.

Vous pourrez utiliser les statistiques fournies par l’INSEE [PDF] en sélectionnant soigneusement et rapidement les plus utiles, l’introduction de cet article sur les émeutes de 2005, les données fournies sur OpenStreetMap et GoogleMaps la carte ci-contre ou encore le calcul de trajet de la RATP.

 

II. Quel urbanisme ?

En utilisant la fonction « Consulter les données historiques » de Géoportail, observez la ville au lendemain de la guerre. La vidéo des origines du grand ensemble de Créteil permettra de se rendre compte des idées qui ont contribué à bâtir une partie de la banlieue parisienne. On utilisera également le site web de la ville, et notamment cette page de photographies.

 

III. Quelles politiques de la ville ?

Quelles sont les politiques de la ville qui ont été menées et avec quelles limites ? Utilisez et la vidéo et les extraits d’articles ci-dessous :

Liberation, avril 2017, extraits

Au lycée Albert-Schweitzer du Raincy, l’option histoire de l’art proposée en seconde est particulièrement demandée. Et pour cause : pour les collégiens de Bondy, de Clichy-sous-Bois et des autres communes pauvres des alentours, c’est la possibilité de contourner la carte scolaire, qui les oblige à s’inscrire au lycée de leur ville. Le Raincy est considéré comme le «Neuilly de la Seine-Saint-Denis», avec ses pavillons coquets et ses maisons en meulière.

Sans surprise, le proviseur du lycée Alfred-Nobel de Clichy, Daniel Peletier, est pour le maintien de la carte scolaire. Sa suppression entraînerait le départ des meilleurs éléments vers les «bons» établissements de la région, voire de Paris. […]  Comme ses collègues du 9-3, Daniel Peletier a profité des possibilités offertes aux lycées défavorisés. A la dernière rentrée, il a signé une convention d’éducation prioritaire avec Sciences-Po, qui permet aux élèves issus des établissements en ZEP d’intégrer l’école par un concours particulier. Il a aussi conclu un accord avec l’association Tremplin, des polytechniciens qui suivent une dizaine d’élèves désirant intégrer des classes préparatoires scientifiques. Le lycée est enfin l’un des quatre du département à avoir mis en place des classes de seconde expérimentales.

 

Tempsreel.nouvelobs.com, extraits, janvier 2015 [article complet]

Clichy-sous-Bois a changé, c’est vrai. Dans le Haut Clichy, les vastes tours de béton ont été rasées et remplacées par de petites résidences proprettes et modernes, aux façades boisées ou colorées, ceinturées d’enclos verdoyants. Les résidents ont gagné des boîtes aux lettres, des parkings sécurisés et des entrées à Digicode. Le maire PS, Olivier Klein, annonce : « En tout, 1.000 nouveaux logements ont été construits et 700 démolis depuis 2004. Avec ces nouveaux habitats, on espère enfin retenir les familles qui, jusque-là, partaient de Clichy dès qu’elles le pouvaient. »

Les 600 millions d’euros du programme de rénovation urbaine (PRU) enclenché par la loi Borloo de 2003 ensevelissent sous les apparences la misère et les larmes engendrées par la mort injuste de Zyed et Bouna, 17 et 15 ans, électrocutés dans un transformateur EDF après avoir été coursés par la police en 2005.

En revenant sur « ces maux qui rongent notre pays », Manuel Valls a soutenu qu’il existe en France « un apartheid territorial, social, ethnique », avec des zones de « relégation périurbaine », des « ghettos ».

Ici, les moins de 25 ans représentent plus de la moitié de la population. Et le taux de chômage, deux fois plus important que la moyenne nationale, s’élève à 23,5%, et frôle même 40% dans certains quartiers. Parmi ses 30.000 habitants, Clichy-sous-Bois compte 33% d’étrangers, et 90 pays d’origine y sont représentés, de la Turquie au Kurdistan en passant par le Mali, l’Algérie et le Cambodge. Une ville-monde « devenue plus belle avec ses travaux, certes, mais où l’activité manque », assure Osman Sezer, conseiller municipal UDI et ingénieur aérospatial.

Contrairement à ses voisines, comme Sevran avec les usines Kodak, ou Aulnay-sous-Bois avec la firme Peugeot-PSA, la ville n’a pas de passé industriel. Aujourd’hui, les dispositifs « coups de pouce », tels que les « emplois francs » ou les « emplois d’avenir » promis par Hollande se sont heurtés au manque d’entreprises. Osman Sezer remarque que « tout ce qui a été fait jusqu’à présent l’a été dans l’urgence, sans vision à long terme » :

Il faut maintenant créer des zones d’activité économique, donner une image positive de la ville qui vit encore à 50% grâce aux aides de l’Etat. » Les travaux pour le tramway doivent commencer cette semaine, pour une mise en circulation en 2018. L’arrivée du métro, ligne 16, est prévue à l’horizon 2023. Les jeunes Clichois prendront le train vers la capitale.

 

 

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